En bref
Que veulent dire les mots qu'on entend en escalade ?
L'escalade a son vocabulaire : la lolotte est une position de bassin, une dégaine relie la corde au mur, une réglette est une prise de quelques millimètres, et grimper à vue veut dire réussir du premier essai sans aucune information. Ce glossaire réunit les termes que tu entendras en salle comme en falaise.
Niveaux et façons de réussir
Le vocabulaire qui dit à quel point c'est dur, et dans quelles conditions tu l'as réussi. Deux grimpeurs qui annoncent le même niveau ne parlent pas forcément de la même chose.
- Cotation
- Note qui exprime la difficulté d'une voie ou d'un bloc. En France on utilise le système français en voie (5a, 6b, 7a) et l'échelle de Fontainebleau en bloc. Les deux s'écrivent pareil mais ne mesurent pas la même chose. En savoir plus
- À vue aussi appelé flash à vue, on-sight
- Réussir une voie du premier essai, sans l'avoir travaillée ni avoir vu personne la faire, et sans information sur les mouvements. C'est le style le plus exigeant.
- Flash
- Réussir du premier essai, mais avec des informations : tu as vu quelqu'un grimper, ou on t'a donné la méthode. Moins fort qu'à vue.
- Après-travail aussi appelé travaillé, redpoint
- Réussir une voie ou un bloc après l'avoir répété, essai après essai, jusqu'à trouver et mémoriser la méthode. C'est le mode normal quand on pousse son niveau.
- Enchaînement
- Faire la voie ou le bloc du début à la fin sans se reposer sur le matériel ni retomber. Tant que tu n'enchaînes pas, tu n'as pas fait la ligne.
- Projet
- Une ligne trop dure pour toi aujourd'hui, que tu travailles sur plusieurs séances ou plusieurs saisons. Avoir un projet est le meilleur moteur de progression, à condition d'en avoir un seul à la fois.
- Palier aussi appelé plateau
- Période où le niveau ne bouge plus malgré un entraînement régulier. Presque toujours le signe qu'on continue de travailler ce qu'on sait déjà faire. En savoir plus
Assurage, matériel et sécurité
Tout ce qui te retient quand ça lâche. Ce vocabulaire s'apprend avec quelqu'un, pas dans une liste : les définitions ci-dessous servent à comprendre ce qu'on te dit, pas à te former.
- Assurage
- L'ensemble des gestes qui permettent de retenir un grimpeur qui tombe, à l'aide d'une corde et d'un appareil dédié. La personne qui le fait est l'assureur.
- Moulinette
- Mode de grimpe où la corde passe déjà par un point d'ancrage en haut de la voie. Tu es retenu en permanence par le haut, donc la chute est très courte. C'est ainsi qu'on débute.
- En tête aussi appelé grimper en tête
- Grimper en emmenant la corde avec soi et en la clippant dans les points au fur et à mesure. La chute est plus longue qu'en moulinette : c'est la vraie escalade sportive, et ça demande une formation.
- Dégaine
- Deux mousquetons reliés par une sangle cousue. Un mousqueton se clippe dans le point d'ancrage du mur ou de la falaise, l'autre reçoit la corde. C'est l'objet qui relie le grimpeur à la paroi quand il grimpe en tête.
- Mousqueton
- Anneau métallique muni d'un doigt qui s'ouvre, avec ou sans système de verrouillage. Sert à relier corde, dégaines, baudrier et points d'ancrage.
- Baudrier aussi appelé harnais
- Le harnais que le grimpeur porte autour de la taille et des cuisses. C'est lui qui répartit la force de la chute sur le corps.
- Relais
- Point d'ancrage aménagé en haut d'une voie ou d'une longueur, sur lequel on s'attache pour assurer son partenaire ou redescendre.
- Parade
- En bloc, le fait d'accompagner la chute d'un grimpeur avec les mains pour orienter sa réception vers le tapis. On ne rattrape pas quelqu'un, on le guide.
- Crash pad aussi appelé pad, tapis
- Matelas pliable et transportable que l'on pose au pied d'un bloc en extérieur pour amortir les chutes. Indispensable dès qu'on grimpe dehors.
- Magnésie aussi appelé pof
- Poudre qui absorbe la transpiration des mains pour améliorer l'adhérence. En extérieur, elle doit être brossée après chaque essai : les traces blanches dégradent le rocher et le paysage.
Les prises et comment les tenir
La façon dont tu attrapes une prise s'appelle une préhension. Changer de préhension change tout : la sollicitation des doigts, la force disponible, et le risque de blessure.
- Réglette
- Prise étroite, souvent quelques millimètres de profondeur, qui ne laisse tenir que le bout des doigts. C'est la prise qui construit la force de doigts, et celle qui blesse le plus. En savoir plus
- Arqué
- Préhension où les premières phalanges sont repliées et le pouce vient parfois verrouiller par-dessus. Très puissante sur les petites prises, mais elle met les poulies des doigts sous forte tension. En savoir plus
- Tendu aussi appelé semi-tendu
- Préhension doigts allongés, sans repli marqué des phalanges. Moins puissante que l'arqué sur une réglette, mais bien plus sûre pour les poulies, et plus efficace sur les prises arrondies. En savoir plus
- Pince
- Prise que l'on serre entre les doigts et le pouce, comme une poignée. Sollicite le pouce et les avant-bras différemment du reste, et c'est souvent le point faible des grimpeurs de salle.
- Inversé
- Prise que l'on tire vers le haut ou vers soi au lieu de la tirer vers le bas. Demande de placer le corps très différemment, souvent avec les pieds hauts.
- Bac
- Grosse prise franche où la main entre entièrement. C'est la prise de repos par excellence.
- Plat
- Prise sans rebord, qui ne tient que par l'adhérence de la peau et l'orientation du corps. Le plat sanctionne immédiatement un mauvais placement de bassin.
- Gratton
- Toute petite aspérité, plus un appui qu'une prise. Très présent sur le grès et le calcaire.
- Bidoigt aussi appelé monodoigt
- Trou qui n'accepte que deux doigts, ou un seul pour le monodoigt. Sollicitation très localisée et risquée : à aborder progressivement et jamais en fatigue.
Les mouvements qui ont un nom
Ce qui a un nom peut se chercher, s'observer et se répéter volontairement. C'est toute la différence entre apprendre une technique et espérer la trouver un jour par hasard.
- Lolotte aussi appelé drop knee, égyptienne
- Position où l'on fait pivoter le genou vers l'intérieur et vers le bas pour amener le bassin contre le mur. Décharge les bras et allonge la portée, surtout en dévers. En savoir plus
- Dülfer
- Mouvement d'opposition où les mains tirent latéralement pendant que les pieds poussent dans le sens inverse, typiquement dans un dièdre ou sur une arête. Sans cette opposition, rien ne tient. En savoir plus
- Drapeau
- Jambe libre tendue sur le côté ou croisée derrière l'autre, utilisée comme contrepoids pour empêcher le corps de pivoter. Coûte très peu d'énergie et stabilise énormément. En savoir plus
- Croisé
- Passer une main par-dessus ou par-dessous l'autre pour atteindre la prise suivante sans replacer les pieds. Économise un mouvement entier quand il est bien placé.
- Jeté aussi appelé dyno
- Mouvement dynamique où l'on quitte le mur pour attraper une prise hors de portée. Spectaculaire, coûteux, et souvent évitable avec un meilleur placement.
- Yaniro
- Coincement du pied derrière une prise, au-dessus des mains, pour se tracter avec la jambe. Nommé d'après le grimpeur Tony Yaniro. Très efficace en dévers marqué. En savoir plus
- Crochet de talon aussi appelé talon, heel hook
- Accrocher le talon sur une prise pour transformer la jambe en troisième bras. Change complètement l'équilibre dans les toits et les dévers.
- Compression
- Tenir un volume ou un bombé en serrant des deux côtés à la fois, mains et parfois pieds. Sollicite les pectoraux et le gainage plus que les doigts.
- Gainage
- Capacité à maintenir le tronc rigide pour que la force des bras se transmette aux pieds sans que le bassin s'affaisse. C'est le lien entre le haut et le bas du corps.
- Lecture aussi appelé lire un bloc
- Analyser une ligne depuis le sol pour anticiper les prises, les placements et l'ordre des mouvements avant de partir. Compétence à part entière, très peu travaillée en salle.
Les terrains et les formes de paroi
Le profil du mur détermine ce qui te fatigue. Une dalle et un dévers n'épuisent pas les mêmes choses, et ne se travaillent pas pareil.
- Dalle
- Paroi inclinée vers l'arrière, à moins de 90 degrés. On y tient surtout par les pieds et l'équilibre. La force sert peu, la précision est tout.
- Dévers aussi appelé surplomb
- Paroi inclinée vers l'avant, au-delà de la verticale. Le poids du corps pend dans le vide, donc les bras et le gainage travaillent en continu.
- Toit
- Section horizontale au-dessus du grimpeur. Cas extrême du dévers : tout se joue sur les pieds, les talons et le gainage.
- Dièdre
- Angle rentrant formé par deux pans de paroi, comme un livre ouvert. Terrain de prédilection du dülfer et des oppositions.
- Arête
- Angle sortant de la paroi. Souvent grimpé en compression ou en drapeau, avec un équilibre précaire.
- Bloc
- Escalade sur faible hauteur, sans corde, au-dessus de tapis. Séquences courtes et intenses. En extérieur, la référence française est Fontainebleau. En savoir plus
- Voie
- Escalade avec corde sur plusieurs mètres de hauteur. Demande de l'endurance et de la gestion de l'effort en plus de la difficulté pure. En savoir plus
- Circuit
- Suite de blocs numérotés et fléchés à la peinture, de niveau homogène, que l'on enchaîne dans l'ordre. Système typiquement bleausard, inventé dans les années 1930. En savoir plus
- Ouverture
- Le fait de concevoir et visser une voie ou un bloc en salle. La personne qui le fait est un ouvreur, et son style influence directement ce que tu progresses. C'est aussi l'ouverture qui fixe l'échelle de couleurs propre à chaque salle. En savoir plus
Entraînement et matériel d'entraînement
Le vocabulaire des séances. Utile pour comprendre un programme, et pour repérer quand quelqu'un vend du jargon plutôt que de la méthode.
- Poutre aussi appelé hangboard, fingerboard
- Planche munie de réglettes et de trous, fixée en hauteur, sur laquelle on fait des suspensions pour travailler la force de doigts. Outil très efficace et très facile à mal utiliser. En savoir plus
- Suspension aussi appelé hang
- Rester suspendu à une prise pendant une durée définie, souvent quelques secondes, pour développer la force des doigts. Se dose en secondes et en charge, jamais à l'envie.
- Pan aussi appelé pan Gullich, board
- Petit mur en dévers très raide, avec des prises rapprochées, dédié à l'entraînement intensif. Le Kilter Board et le Moon Board en sont des versions standardisées.
- 4x4
- Exercice de résistance : quatre blocs enchaînés sans repos, puis récupération, répété quatre fois. Développe la capacité à tenir un effort intense qui revient. En savoir plus
- Continuité
- Travail d'endurance à intensité modérée sur une longue durée. Sert de base pour tenir des voies longues sans exploser.
- Résistance
- Capacité à enchaîner des mouvements durs malgré l'accumulation de fatigue dans les avant-bras. C'est ce qui manque quand on tombe toujours dans le dernier tiers.
- Force max
- Capacité à produire un effort maximal sur un mouvement isolé. Se travaille à faible volume, très reposé, jamais en fin de séance.
- Antagonistes
- Muscles opposés à ceux que l'escalade sollicite : pectoraux, triceps, extenseurs des doigts, arrière d'épaule. Les renforcer prévient les déséquilibres et une partie des blessures. En savoir plus
- Poulie
- Petit anneau fibreux qui plaque le tendon fléchisseur contre l'os du doigt. Sa rupture, souvent la poulie A2, est la blessure la plus fréquente en escalade. En savoir plus
- Échauffement
- Montée progressive en température et en intensité avant l'effort. En escalade, il conditionne autant les doigts et les épaules que le système cardiovasculaire. En savoir plus
Encadrement et diplômes
Le vocabulaire des formations et de l'encadrement. Utile pour lire une fiche de diplôme sans se perdre, et pour savoir qui a le droit de t'emmener où.
- SAE aussi appelé structure artificielle d'escalade
- Structure artificielle d'escalade : les murs et les pans des salles et des gymnases. Le sigle revient dans beaucoup de diplômes, parce que plusieurs ne permettent d'encadrer qu'en SAE. En savoir plus
- SNE aussi appelé site naturel d'escalade
- Site naturel d'escalade : une falaise ou un site de blocs en extérieur. On parle d'« initiateur SNE » pour le brevet qui permet d'encadrer en falaise. En savoir plus
- Terrain d'aventure aussi appelé TA
- Voie peu ou pas équipée, où l'on pose soi-même ses protections, comme des coinceurs ou des friends. Pour l'encadrer contre rémunération, il faut un diplôme d'État comme le DEJEPS en milieux naturels. En savoir plus
- Grande voie aussi appelé voie de plusieurs longueurs
- Voie de plusieurs longueurs de corde, avec des relais intermédiaires. Au-delà du premier relais, l'encadrement rémunéré est réservé à quelques diplômes d'État. En savoir plus
- Environnement spécifique
- Catégorie du code du sport pour les activités où seul un diplôme d'État permet d'encadrer contre rémunération. En escalade : les sites au-delà du premier relais, le terrain d'aventure et la via ferrata. En savoir plus
- Brevet fédéral
- Qualification délivrée par une fédération, comme l'initiateur SAE de la FFME. Il forme à encadrer bénévolement en club, mais ne permet jamais d'être payé. En savoir plus
- Initiateur
- Premier brevet fédéral d'encadrement. L'initiateur SAE encadre en salle, l'initiateur escalade aussi en falaise, jusqu'au premier relais. Dans les deux cas, bénévolement. En savoir plus
- Passeport escalade aussi appelé passeport FFME
- Certification de niveau de la FFME, en huit couleurs du blanc au noir. Chaque passeport valide la sécurité autant que la difficulté, et plusieurs servent de prérequis aux brevets d'encadrement. En savoir plus
- Ouvreur aussi appelé routesetter
- Personne qui conçoit et visse les voies et les blocs. Il n'existe pas de diplôme officiel d'ouvreur : on y entre par les brevets fédéraux, par un titre comme le TFP MESA ou par l'académie d'un réseau de salles. En savoir plus
- CQP aussi appelé CQP AESA
- Certificat de qualification professionnelle. En escalade, le CQP animateur d'escalade sur structure artificielle permet d'être payé pour encadrer l'initiation en salle. En savoir plus
- DEJEPS aussi appelé DE escalade
- Diplôme d'État de niveau bac+2. En escalade, il existe en deux mentions : « escalade », tournée vers l'entraînement, et « escalade en milieux naturels », pour la falaise et la grande voie sous 1 500 mètres. En savoir plus
- TEP aussi appelé test d'exigences préalables
- Test d'exigences préalables : l'épreuve d'entrée d'un diplôme d'État. Pour le DEJEPS escalade, un bloc 6b et deux voies entre 6c et 7a découvertes le jour même, en deux essais au plus par voie, pour les hommes. En savoir plus
- Liste de courses
- Liste des voies ou des courses qu'un candidat doit avoir réalisées pour entrer dans certains diplômes : 17 grandes voies pour le DEJEPS en milieux naturels, 55 courses pour le probatoire de guide. En savoir plus
- Carte professionnelle
- Carte d'éducateur sportif délivrée par le préfet à celui qui déclare son activité. Sans elle, pas d'encadrement contre rémunération, et la déclaration se renouvelle tous les cinq ans. En savoir plus
- Recyclage aussi appelé mise à niveau
- Formation obligatoire tous les six ans pour garder le droit d'exercer avec le DEJEPS en milieux naturels ou un ancien brevet d'État d'escalade. Sans elle, la carte professionnelle n'est pas renouvelée. En savoir plus
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