Référence

Glossaire de l'escalade

55 termes, définis en une phrase ou deux. Ce qui a un nom peut se chercher, s'observer chez les autres et se travailler volontairement. Le reste, c'est de l'intuition, et l'intuition met des années.

En bref

Que veulent dire les mots qu'on entend en escalade ?

L'escalade a son vocabulaire : la lolotte est une position de bassin, une dégaine relie la corde au mur, une réglette est une prise de quelques millimètres, et grimper à vue veut dire réussir du premier essai sans aucune information. Ce glossaire réunit les termes que tu entendras en salle comme en falaise.

Niveaux et façons de réussir

Le vocabulaire qui dit à quel point c'est dur, et dans quelles conditions tu l'as réussi. Deux grimpeurs qui annoncent le même niveau ne parlent pas forcément de la même chose.

Cotation
Note qui exprime la difficulté d'une voie ou d'un bloc. En France on utilise le système français en voie (5a, 6b, 7a) et l'échelle de Fontainebleau en bloc. Les deux s'écrivent pareil mais ne mesurent pas la même chose. En savoir plus
À vueaussi appelé flash à vue, on-sight
Réussir une voie du premier essai, sans l'avoir travaillée ni avoir vu personne la faire, et sans information sur les mouvements. C'est le style le plus exigeant.
Flash
Réussir du premier essai, mais avec des informations : tu as vu quelqu'un grimper, ou on t'a donné la méthode. Moins fort qu'à vue.
Après-travailaussi appelé travaillé, redpoint
Réussir une voie ou un bloc après l'avoir répété, essai après essai, jusqu'à trouver et mémoriser la méthode. C'est le mode normal quand on pousse son niveau.
Enchaînement
Faire la voie ou le bloc du début à la fin sans se reposer sur le matériel ni retomber. Tant que tu n'enchaînes pas, tu n'as pas fait la ligne.
Projet
Une ligne trop dure pour toi aujourd'hui, que tu travailles sur plusieurs séances ou plusieurs saisons. Avoir un projet est le meilleur moteur de progression, à condition d'en avoir un seul à la fois.
Palieraussi appelé plateau
Période où le niveau ne bouge plus malgré un entraînement régulier. Presque toujours le signe qu'on continue de travailler ce qu'on sait déjà faire. En savoir plus

Assurage, matériel et sécurité

Tout ce qui te retient quand ça lâche. Ce vocabulaire s'apprend avec quelqu'un, pas dans une liste : les définitions ci-dessous servent à comprendre ce qu'on te dit, pas à te former.

Assurage
L'ensemble des gestes qui permettent de retenir un grimpeur qui tombe, à l'aide d'une corde et d'un appareil dédié. La personne qui le fait est l'assureur.
Moulinette
Mode de grimpe où la corde passe déjà par un point d'ancrage en haut de la voie. Tu es retenu en permanence par le haut, donc la chute est très courte. C'est ainsi qu'on débute.
En têteaussi appelé grimper en tête
Grimper en emmenant la corde avec soi et en la clippant dans les points au fur et à mesure. La chute est plus longue qu'en moulinette : c'est la vraie escalade sportive, et ça demande une formation.
Dégaine
Deux mousquetons reliés par une sangle cousue. Un mousqueton se clippe dans le point d'ancrage du mur ou de la falaise, l'autre reçoit la corde. C'est l'objet qui relie le grimpeur à la paroi quand il grimpe en tête.
Mousqueton
Anneau métallique muni d'un doigt qui s'ouvre, avec ou sans système de verrouillage. Sert à relier corde, dégaines, baudrier et points d'ancrage.
Baudrieraussi appelé harnais
Le harnais que le grimpeur porte autour de la taille et des cuisses. C'est lui qui répartit la force de la chute sur le corps.
Relais
Point d'ancrage aménagé en haut d'une voie ou d'une longueur, sur lequel on s'attache pour assurer son partenaire ou redescendre.
Parade
En bloc, le fait d'accompagner la chute d'un grimpeur avec les mains pour orienter sa réception vers le tapis. On ne rattrape pas quelqu'un, on le guide.
Crash padaussi appelé pad, tapis
Matelas pliable et transportable que l'on pose au pied d'un bloc en extérieur pour amortir les chutes. Indispensable dès qu'on grimpe dehors.
Magnésieaussi appelé pof
Poudre qui absorbe la transpiration des mains pour améliorer l'adhérence. En extérieur, elle doit être brossée après chaque essai : les traces blanches dégradent le rocher et le paysage.

Les prises et comment les tenir

La façon dont tu attrapes une prise s'appelle une préhension. Changer de préhension change tout : la sollicitation des doigts, la force disponible, et le risque de blessure.

Réglette
Prise étroite, souvent quelques millimètres de profondeur, qui ne laisse tenir que le bout des doigts. C'est la prise qui construit la force de doigts, et celle qui blesse le plus. En savoir plus
Arqué
Préhension où les premières phalanges sont repliées et le pouce vient parfois verrouiller par-dessus. Très puissante sur les petites prises, mais elle met les poulies des doigts sous forte tension. En savoir plus
Tenduaussi appelé semi-tendu
Préhension doigts allongés, sans repli marqué des phalanges. Moins puissante que l'arqué sur une réglette, mais bien plus sûre pour les poulies, et plus efficace sur les prises arrondies. En savoir plus
Pince
Prise que l'on serre entre les doigts et le pouce, comme une poignée. Sollicite le pouce et les avant-bras différemment du reste, et c'est souvent le point faible des grimpeurs de salle.
Inversé
Prise que l'on tire vers le haut ou vers soi au lieu de la tirer vers le bas. Demande de placer le corps très différemment, souvent avec les pieds hauts.
Bac
Grosse prise franche où la main entre entièrement. C'est la prise de repos par excellence.
Plat
Prise sans rebord, qui ne tient que par l'adhérence de la peau et l'orientation du corps. Le plat sanctionne immédiatement un mauvais placement de bassin.
Gratton
Toute petite aspérité, plus un appui qu'une prise. Très présent sur le grès et le calcaire.
Bidoigtaussi appelé monodoigt
Trou qui n'accepte que deux doigts, ou un seul pour le monodoigt. Sollicitation très localisée et risquée : à aborder progressivement et jamais en fatigue.

Les mouvements qui ont un nom

Ce qui a un nom peut se chercher, s'observer et se répéter volontairement. C'est toute la différence entre apprendre une technique et espérer la trouver un jour par hasard.

Lolotteaussi appelé drop knee, égyptienne
Position où l'on fait pivoter le genou vers l'intérieur et vers le bas pour amener le bassin contre le mur. Décharge les bras et allonge la portée, surtout en dévers. En savoir plus
Dülfer
Mouvement d'opposition où les mains tirent latéralement pendant que les pieds poussent dans le sens inverse, typiquement dans un dièdre ou sur une arête. Sans cette opposition, rien ne tient. En savoir plus
Drapeau
Jambe libre tendue sur le côté ou croisée derrière l'autre, utilisée comme contrepoids pour empêcher le corps de pivoter. Coûte très peu d'énergie et stabilise énormément. En savoir plus
Croisé
Passer une main par-dessus ou par-dessous l'autre pour atteindre la prise suivante sans replacer les pieds. Économise un mouvement entier quand il est bien placé.
Jetéaussi appelé dyno
Mouvement dynamique où l'on quitte le mur pour attraper une prise hors de portée. Spectaculaire, coûteux, et souvent évitable avec un meilleur placement.
Yaniro
Coincement du pied derrière une prise, au-dessus des mains, pour se tracter avec la jambe. Nommé d'après le grimpeur Tony Yaniro. Très efficace en dévers marqué. En savoir plus
Crochet de talonaussi appelé talon, heel hook
Accrocher le talon sur une prise pour transformer la jambe en troisième bras. Change complètement l'équilibre dans les toits et les dévers.
Compression
Tenir un volume ou un bombé en serrant des deux côtés à la fois, mains et parfois pieds. Sollicite les pectoraux et le gainage plus que les doigts.
Gainage
Capacité à maintenir le tronc rigide pour que la force des bras se transmette aux pieds sans que le bassin s'affaisse. C'est le lien entre le haut et le bas du corps.
Lectureaussi appelé lire un bloc
Analyser une ligne depuis le sol pour anticiper les prises, les placements et l'ordre des mouvements avant de partir. Compétence à part entière, très peu travaillée en salle.

Les terrains et les formes de paroi

Le profil du mur détermine ce qui te fatigue. Une dalle et un dévers n'épuisent pas les mêmes choses, et ne se travaillent pas pareil.

Dalle
Paroi inclinée vers l'arrière, à moins de 90 degrés. On y tient surtout par les pieds et l'équilibre. La force sert peu, la précision est tout.
Déversaussi appelé surplomb
Paroi inclinée vers l'avant, au-delà de la verticale. Le poids du corps pend dans le vide, donc les bras et le gainage travaillent en continu.
Toit
Section horizontale au-dessus du grimpeur. Cas extrême du dévers : tout se joue sur les pieds, les talons et le gainage.
Dièdre
Angle rentrant formé par deux pans de paroi, comme un livre ouvert. Terrain de prédilection du dülfer et des oppositions.
Arête
Angle sortant de la paroi. Souvent grimpé en compression ou en drapeau, avec un équilibre précaire.
Bloc
Escalade sur faible hauteur, sans corde, au-dessus de tapis. Séquences courtes et intenses. En extérieur, la référence française est Fontainebleau. En savoir plus
Voie
Escalade avec corde sur plusieurs mètres de hauteur. Demande de l'endurance et de la gestion de l'effort en plus de la difficulté pure. En savoir plus
Circuit
Suite de blocs numérotés et fléchés à la peinture, de niveau homogène, que l'on enchaîne dans l'ordre. Système typiquement bleausard, inventé dans les années 1930. En savoir plus
Ouverture
Le fait de concevoir et visser une voie ou un bloc en salle. La personne qui le fait est un ouvreur, et son style influence directement ce que tu progresses. C'est aussi l'ouverture qui fixe l'échelle de couleurs propre à chaque salle. En savoir plus

Entraînement et matériel d'entraînement

Le vocabulaire des séances. Utile pour comprendre un programme, et pour repérer quand quelqu'un vend du jargon plutôt que de la méthode.

Poutreaussi appelé hangboard, fingerboard
Planche munie de réglettes et de trous, fixée en hauteur, sur laquelle on fait des suspensions pour travailler la force de doigts. Outil très efficace et très facile à mal utiliser. En savoir plus
Suspensionaussi appelé hang
Rester suspendu à une prise pendant une durée définie, souvent quelques secondes, pour développer la force des doigts. Se dose en secondes et en charge, jamais à l'envie.
Panaussi appelé pan Gullich, board
Petit mur en dévers très raide, avec des prises rapprochées, dédié à l'entraînement intensif. Le Kilter Board et le Moon Board en sont des versions standardisées.
4x4
Exercice de résistance : quatre blocs enchaînés sans repos, puis récupération, répété quatre fois. Développe la capacité à tenir un effort intense qui revient. En savoir plus
Continuité
Travail d'endurance à intensité modérée sur une longue durée. Sert de base pour tenir des voies longues sans exploser.
Résistance
Capacité à enchaîner des mouvements durs malgré l'accumulation de fatigue dans les avant-bras. C'est ce qui manque quand on tombe toujours dans le dernier tiers.
Force max
Capacité à produire un effort maximal sur un mouvement isolé. Se travaille à faible volume, très reposé, jamais en fin de séance.
Antagonistes
Muscles opposés à ceux que l'escalade sollicite : pectoraux, triceps, extenseurs des doigts, arrière d'épaule. Les renforcer prévient les déséquilibres et une partie des blessures. En savoir plus
Poulie
Petit anneau fibreux qui plaque le tendon fléchisseur contre l'os du doigt. Sa rupture, souvent la poulie A2, est la blessure la plus fréquente en escalade. En savoir plus
Échauffement
Montée progressive en température et en intensité avant l'effort. En escalade, il conditionne autant les doigts et les épaules que le système cardiovasculaire. En savoir plus

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