Progresser en bloc : méthode, lecture et force

Par Yohan 7 min de lecture

En bref

Comment progresser en escalade de bloc ?

En bloc, la force n'est le premier frein qu'à partir du 7a. Avant, ce qui bloque est presque toujours la méthode (répéter le même essai raté au lieu de changer une chose à chaque fois) et la lecture (sur quatre mouvements, l'angle d'un pied change tout). Une séance utile commence par le projet quand tu es frais, et garde le volume pour la fin.

Dans cet article

Le bloc a une réputation de discipline de bourrin. Quatre mouvements, pas de corde, on tire fort.

C’est faux, et c’est précisément ce qui fait stagner la plupart des grimpeurs de salle : ils travaillent la force parce que le bloc a l’air d’en demander, alors que leur vrai frein est ailleurs.

Ce que le bloc demande vraiment

Trois choses, dans cet ordre.

Lire. Sur quatre à dix mouvements, chaque détail compte : l’angle du pied, la position du bassin, l’ordre des mains. Une lecture ratée transforme un bloc faisable en bloc impossible.

Essayer intelligemment. Un bloc se résout par itérations. Tu ne répètes pas le même essai, tu changes une variable à chaque fois.

Tirer fort. Oui, mais en troisième. La force maximale devient le frein principal à partir du 7a, rarement avant.

Frein n°1 : la méthode d’essai

Regarde n’importe qui sur un bloc trop dur pour lui. Il fait dix fois le même essai, de plus en plus fatigué, de plus en plus énervé, et il part en disant que c’est trop fort pour lui.

Ce n’est pas un problème de niveau, c’est un problème de méthode.

Un essai, une hypothèse. Avant de repartir, tu décides ce que tu changes : ce pied-là plus haut, cette main en tendu plutôt qu’en arqué, partir plus dynamique. Si tu ne sais pas dire ce que tu changes, ne repars pas tout de suite.

Repose-toi vraiment entre les essais. Deux à trois minutes sur un bloc dur. Un essai fait sur des doigts vidés ne t’apprend rien et abîme ta technique, parce que tu compenses.

Sépare les mouvements. Travaille le pas dur isolément, depuis la prise d’avant. Enchaîner du départ à chaque fois te fait arriver cramé au seul endroit qui compte.

Filme-toi. C’est le moyen le plus rapide de voir l’écart entre ce que tu crois faire et ce que tu fais. De l’intérieur, on a toujours l’impression que le bassin est plus près du mur qu’il ne l’est.

Frein n°2 : la lecture

En bloc, la lecture se fait au sol, et la plupart des grimpeurs la bâclent.

Prends l’habitude de tout décider avant de toucher la première prise : l’ordre des mains, où passe chaque pied, où tu peux te reposer, et surtout par où tu comptes sortir. Un bloc se perd souvent dans les deux derniers mouvements, parce qu’on y arrive sans plan.

L’exercice qui muscle la lecture s’appelle le flash ou rien : tu choisis un bloc à ta limite, tu le lis complètement, et tu n’as qu’un essai. S’il passe, tant mieux. S’il ne passe pas, tu passes à un autre. Ça force à lire pour de vrai, parce que tu n’auras pas de deuxième chance. Il est détaillé avec les autres dans les exercices d’entraînement en escalade.

Frein n°3 : la force, quand c’est vraiment elle

Elle devient le levier principal quand la méthode et la lecture sont propres, et pas avant. Concrètement : à partir du moment où tu tombes sur des mouvements que tu sais faire, uniquement parce que la prise est trop petite ou le mouvement trop loin.

À ce stade, deux chantiers : les doigts et le tirage. Et une règle qui ne se négocie pas, la charge monte lentement. Tes muscles s’adaptent en quelques semaines, tes poulies et tes tendons en mois. C’est dans cet écart que se produisent les blessures aux doigts.

La poutre n’a d’intérêt qu’ici, et encore : faut-il une poutre d’escalade pour progresser donne les conditions.

À quoi ressemble une séance de bloc qui fait progresser

L’ordre des blocs dans la séance change plus de choses que leur contenu.

  1. Échauffement complet, une quinzaine de minutes, les doigts en dernier. Le protocole est dans l’échauffement en escalade.
  2. Le projet, quand tu es frais. C’est le seul moment où tu peux apprendre un mouvement difficile.
  3. Le travail de méthode, sur des blocs un cran sous ta limite : tu les fais proprement, en cherchant la version la moins fatigante.
  4. Le volume ou la résistance, en fin de séance seulement. Les circuits et le 4x4 vident : placés avant, ils sabotent tout ce qui précède.

Choisir un projet qui te fait avancer

Un bon projet se situe à deux ou trois séances de travail. Pas une, pas quinze.

Trop facile, tu ne développes rien. Trop dur, tu ne fais que te fatiguer sur un mouvement que ton corps ne peut pas encore produire, et tu confonds l’échec avec de l’entraînement.

Un bon signe : dès la première séance, tu passes des morceaux. Si tu ne fais aucun mouvement du bloc, change de bloc.

Et choisis-le dans un style que tu évites. Le style que tu fuis est le nom de ton point faible.

Ce que le bloc ne te donnera pas

Deux qualités ne se travaillent presque pas en bloc.

La résistance, la capacité à continuer quand ça brûle. Quatre mouvements ne l’entament même pas.

La gestion de l’effort, savoir grimper vite dans le facile et lent dans le dur, repérer les repos, respirer. Ça ne s’apprend qu’en voie.

Si tu ne fais que du bloc, c’est probablement ce qui manquera le jour où tu voudras enchaîner une longue voie. Comment travailler les deux est dans progresser en voie, et la comparaison complète dans escalade bloc ou voie.

Le bloc dehors, c’est un autre sport

Le grès de Fontainebleau ne pardonne ni les pieds approximatifs ni les cotations lues comme en salle. Tu y grimperas plusieurs crans en dessous de ton niveau d’intérieur, et c’est normal.

C’est aussi l’endroit où ta technique progresse le plus vite, parce que rien n’y est balisé. La préparation est dans grimper à Fontainebleau quand on vient de la salle, et les couleurs de ta salle traduites en cotation de Fontainebleau dans cotation bloc.

Savoir lequel de ces trois freins est le tien

C’est toute la difficulté : de l’intérieur, les trois ressemblent à « je ne suis pas assez fort ».

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La méthode générale, tous formats confondus, est dans comment progresser en escalade.

Voir tout le pôle « Progresser et débloquer »

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