Combien de séances d'escalade par semaine pour progresser
Par Yohan6 min de lecture
En bref
Combien de séances d'escalade par semaine faut-il pour progresser ?
Trois séances de grimpe par semaine suffisent à progresser pour la grande majorité des grimpeurs, à condition de laisser au moins 72 heures entre deux séances dures. Ce qui bloque la progression, c'est rarement le nombre de séances : c'est leur contenu et la récupération entre les deux.
Dans cet article
C’est la question qu’on me pose le plus souvent, juste avant “est-ce qu’il me faut une poutre”.
La réponse courte : trois séances de grimpe par semaine. C’est ce que Nico conseille à la plupart des membres, avec des petits exercices à la maison à côté (no hang, élastique), sur des séances d’une heure à une heure quinze. Certains font deux séances et progressent quand même. Certains en font cinq et stagnent.
Pourquoi trois et pas cinq
Parce que la progression ne se fabrique pas pendant la séance. Elle se fabrique après, quand le corps répare ce que tu as cassé.
Si tu enchaînes cinq séances dures par semaine, tu arrives à chacune un peu plus entamé que la précédente. Tu grimpes plus, tu progresses moins, et tu finis par te blesser ou par saturer mentalement. C’est le scénario classique du grimpeur motivé qui décroche au bout de six semaines.
Un membre nous l’a écrit comme ça : “Je suis sur une violette en ce moment je progresse très doucement mais je progresse, j’essaie de mettre au moins 72h comme recommandé entre chaque grosse séance.” C’est exactement le bon réflexe. Le compteur qui compte, ce n’est pas le nombre de séances par semaine, c’est le nombre de séances de qualité par mois.
Le vrai problème n’est presque jamais la quantité
Quand quelqu’un stagne, la première chose qu’on regarde n’est pas son volume. C’est le contenu de ses séances.
Beaucoup de grimpeurs font trois fois la même séance chaque semaine sans s’en rendre compte : échauffement rapide, quelques blocs dans le niveau du moment, un projet, et on rentre. Trois fois. Toutes les semaines. Pendant deux ans.
Voilà comment une membre décrivait sa situation avant de commencer : “En même temps je piochais des exos par ci par là sans avoir de programme ni savoir combien de temps faire quoi etc je faisais jamais de volume.” Une autre : “J’ai toujours fait mes séances à l’arrache et j’aimerai qu’elles soient plus structurées.”
Aucune des deux ne manquait de séances. Elles manquaient de direction.
À quoi ressemble une semaine qui fonctionne
Sur trois séances, on répartit en général comme ça :
Une séance orientée max, où tu bosses des blocs ou des mouvements à ta limite. C’est là que tu construis la force spécifique et que tu débloques des mouvements que tu ne savais pas faire.
Une séance orientée technique et volume, dans un niveau où tu ne tombes presque pas. Beaucoup de grimpeurs sautent celle-là parce qu’elle est moins excitante. C’est pourtant celle qui installe les automatismes.
Une séance orientée résistance ou continuité, selon ton objectif. En voie, ça ressemble à du travail de section ou des répétitions. En bloc, à des circuits.
À côté, une routine courte à la maison : gainage, épaules, doigts si ton frein mesuré est là. Dix à quinze minutes, deux ou trois fois par semaine. C’est ce que font la plupart de nos membres, et c’est souvent ce qui fait la différence entre “j’ai grimpé” et “je me suis entraîné”.
Et si je ne peux faire que deux séances
Ça marche aussi. C’est même très fréquent chez les gens qui bossent, qui ont des enfants ou qui habitent loin d’une salle.
Avec deux séances, on change la répartition : on garde le travail à ta limite et le volume technique, on décale la résistance dans la partie maison ou on l’intègre en fin de séance. Un de nos membres vit en van et n’a quasiment pas la place de faire du renfo à l’intérieur. Son programme est construit autour de ça, pas contre.
Le plan s’adapte à ta vie. L’inverse ne tient jamais plus de trois semaines.
Ce qu’il ne faut pas faire
Ajouter des séances parce que tu es frustré de stagner.
C’est le réflexe naturel et c’est presque toujours le mauvais. Si tu stagnes avec trois séances, une quatrième va rarement débloquer quoi que ce soit. Elle va surtout réduire ton temps de récupération et rendre tes trois premières séances moins bonnes.
Avant de rajouter du volume, va voir pourquoi tu stagnes vraiment. Neuf fois sur dix, le frein n’est pas là où tu crois.
Comment savoir ce qui te correspond
Ton rythme optimal dépend de ton niveau, de ton âge d’entraînement, de ton sommeil et de ton frein principal. Ce sont des choses qui se mesurent, pas des choses qui se devinent.
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