Bas Cuvier : le secteur historique de Fontainebleau
Par Yohan7 min de lecture
En bref
Pourquoi le Bas Cuvier est-il si connu en escalade ?
Le Bas Cuvier est le secteur où s'est inventée une bonne partie de l'escalade de bloc moderne. On y trouve des lignes historiques comme la fissure Wehrlin, franchie en 1908 avec des chaussures à clous, et la Marie Rose, ouverte en 1946. Le site compte plus de 260 blocs et reste une référence technique.
Dans cet article
Il y a des endroits où on grimpe, et des endroits où on marche dans les pas de quelqu’un. Le Bas Cuvier est le second.
Pourquoi le Bas Cuvier est-il si connu en escalade ?
Parce que c’est là que le bloc est devenu un sport à part entière.
Deux dates suffisent à le comprendre. En 1908, Jacques Wehrlin franchit une fissure du secteur avec des chaussures à clous. Elle porte aujourd’hui son nom et se cote autour du 3+. En 1946, la ligne appelée la Marie Rose est ouverte par Pierre Allain et René Ferlet, deux des pionniers de la discipline.
Un an plus tard, en 1947, le premier circuit balisé moderne de Fontainebleau était tracé au Cuvier Rempart, juste à côté. Le système de circuits par couleur, celui que tu suis aujourd’hui dans toute la forêt, est né dans ce coin de bois.
Le secteur compte plus de 260 blocs, et l’accès se fait par le parking dit du Cuvier.
Ce que le secteur a de particulier
Les blocs du Bas Cuvier sont en général moins hauts que ceux du Cuvier Rempart voisin. Ça ne veut pas dire plus faciles : les mouvements y sont réputés techniques.
C’est une distinction qui compte quand tu débarques. Un bloc bas n’est pas un bloc gentil. Il te demande simplement autre chose : de la précision plutôt que de l’engagement, du placement plutôt que du courage.
Le Bas Cuvier a aussi une caractéristique qu’on oublie de mentionner aux nouveaux venus : c’est un site poli. Un siècle de chaussons a lissé les prises et les pieds les plus utilisés. Des lignes qui paraissent évidentes sur une photo deviennent glissantes en vrai, surtout par temps chaud. Ce n’est pas ton niveau qui est en cause.
À qui ça convient, honnêtement
Si c’est ta toute première sortie en extérieur, ce n’est pas forcément là que je t’enverrais en premier. Le poli et la technicité font que le rapport effort/réussite y est ingrat pour un débutant complet. Le Rocher Canon et ses traversées sont plus accueillants pour apprendre.
En revanche, si tu grimpes déjà dehors et que tu veux comprendre ce qu’est vraiment le style bleausard, le Bas Cuvier est un passage obligé. C’est le meilleur endroit pour se rendre compte de l’écart entre grimper fort et grimper bien.
Pour les couleurs de circuits et ce qu’elles valent, tout est expliqué dans le guide des secteurs et circuits.
Ce que ça va demander à ton entraînement
L’adhérence pure. Sur du rocher poli, tu ne tiens pas par la force mais par l’angle. Le poids du corps doit passer exactement dans le pied. Un centimètre de bassin trop loin du mur et ça part. Personne ne travaille ça en salle, parce qu’en salle les pieds tiennent quoi qu’il arrive.
Le placement de bassin. C’est le vrai sujet du Bas Cuvier. Amener son centre de gravité au bon endroit, c’est ce que fait la lolotte, et c’est la technique qui change le plus de choses quand on découvre le grès.
La patience. Un bloc du Cuvier ne se donne pas en trois essais. La capacité à répéter une séquence dix fois en corrigeant un détail à chaque fois est une compétence d’entraînement, pas un trait de caractère. Elle se travaille.
La peau. Le grès poli chauffe et use. Deux séances de suite au Cuvier sans gérer sa peau et tu es à l’arrêt. Ce n’est pas anecdotique : c’est un facteur limitant réel quand on enchaîne les sorties.
Les règles, qui ne sont pas des formalités
Sur un site aussi fréquenté et aussi ancien, elles comptent double.
- Jamais sur grès mouillé. Humide, la roche devient friable et les prises cassent définitivement. Sur un site centenaire, chaque prise cassée est irremplaçable.
- Brosse après chaque essai, brosse douce uniquement. Le COSIROC, qui entretient les circuits avec l’ONF, recommande de limiter les brosses métalliques au lichen, jamais au rocher grimpé.
- Reste sur les sentiers. L’érosion au pied des blocs est un problème documenté ; des aménagements en bois et en grès sont posés par des bénévoles pour la contenir.
- Crash pad et parade obligatoires, même sur des blocs bas. Surtout sur des blocs bas : on se réceptionne moins bien quand on ne se méfie pas.
Pour le détail des lignes
Encore une fois, ce n’est pas un topo. Pour les cotations bloc par bloc, les méthodes et l’état des accès, bleau.info et le COSIROC font autorité, et ils le font bénévolement depuis des décennies.
Ce qu’on apporte, c’est l’autre bout du problème : savoir ce que ce rocher va exiger de toi, et l’avoir travaillé avant d’y aller.
Sources
Les informations pratiques de cet article viennent de ces sources publiques. Les réglementations d'accès et les conditions sur site changent : vérifie avant de partir.
- Cinq secteurs classiques pour faire des blocs à Fontainebleau, Oliunid (consulté le 30 juillet 2026)
- Site d'escalade de Fontainebleau, Wikipédia (consulté le 30 juillet 2026)
- COSIROC, comité de défense des sites et rochers d'escalade, COSIROC (consulté le 30 juillet 2026)
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