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Un coaching d'escalade quand on est blessé : oui ou non ?
Par Yohan 5 min de lecture
En bref
Peut-on commencer un coaching d'escalade quand on est blessé ?
Oui, à une condition : qu'un médecin ou un kiné ait posé le diagnostic et dit ce que tu as le droit de solliciter. Le coaching ne soigne pas la blessure, il organise tout ce qui reste possible autour d'elle (technique, mobilité, renforcement des zones saines) pour que tu ne reprennes pas au niveau d'il y a six mois. Sans diagnostic médical, il faut attendre.
Dans cet article
« Je suis blessé, je préfère attendre d’être guéri avant de commencer. »
C’est une des phrases que j’entends le plus en appel. Et la moitié du temps, c’est une bonne idée. L’autre moitié, c’est la meilleure façon de perdre trois mois.
La différence tient en une question : est-ce que quelqu’un a regardé ta blessure ?
Le seul cas où il faut vraiment attendre
Tu as mal, tu ne sais pas exactement ce que c’est, personne de qualifié ne l’a examiné.
Là, stop. Pas de coaching, pas de programme trouvé sur internet, pas de « je vais grimper doucement pour voir ». Une douleur de doigt peut être une simple inflammation ou une poulie abîmée, et les deux ne se gèrent pas du tout pareil. Si tu veux comprendre ce qui se joue, on en parle dans les blessures de doigts en escalade.
Le premier rendez-vous à prendre, c’est un médecin du sport ou un kiné qui connaît la grimpe. Pas un coach. Un coach qui te prend en charge sans diagnostic joue à la roulette avec ton corps.
Une fois le diagnostic posé, attendre est souvent une erreur
Imagine que tu te casses le poignet gauche. Tu ne restes pas trois mois au lit : ta jambe droite marche très bien.
En escalade c’est pareil. Une poulie blessée sur un doigt laisse plein de choses à travailler :
- la technique de pieds, sur des voies faciles où tu ne forces pas sur la main touchée (selon ce que ton kiné autorise) ;
- la mobilité des hanches et des épaules, qui limite la plupart des grimpeurs bien plus qu’ils ne le croient ;
- le gainage et le haut du corps, adaptés pour ne pas charger la zone ;
- le mental et la lecture de voie, qui se travaillent même assis.
Et c’est justement là que la plupart des blessés se font avoir : ils arrêtent tout, perdent leurs repères, et reprennent avec un corps qui a oublié la moitié de ce qu’il savait. Puis ils forcent pour rattraper le temps perdu. Et ils se reblessent.
Ce que fait un coach pendant une blessure (et ce qu’il ne fait pas)
Le coach ne remplace jamais le soignant. Il suit ce que le soignant a dit, et il construit autour.
Concrètement, chez Kaskad, quand un membre arrive blessé, on part des consignes de son kiné. Le programme ne touche pas à la zone tant qu’il n’y a pas de feu vert, puis la reprise se fait par paliers, en surveillant les signaux. Si une douleur revient, on recule. Pas de négociation.
La règle : le soignant décide de ce que tu as le droit de faire, le coach décide comment le faire au mieux.
Et si ta blessure revient toujours au même endroit ?
Là, ce n’est plus de la malchance.
Une blessure qui revient, c’est presque toujours un déséquilibre qui n’a jamais été corrigé : une façon de tirer, un manque de force dans les antagonistes, une gestion du volume au hasard. Le soin calme la blessure. Il ne corrige pas forcément la cause. C’est souvent le meilleur moment pour démarrer un accompagnement, justement pour ne plus se blesser.
Par où commencer
- Fais examiner la blessure si ce n’est pas fait.
- Demande clairement ce que tu as le droit de solliciter, et pendant combien de temps.
- Avec ces consignes, fais le point sur le reste : technique, physique, mental.
Pour l’étape 3, notre diagnostic gratuit mesure 21 axes et te montre ce qui te limite en dehors de ta blessure. C’est souvent une bonne surprise : il reste beaucoup de marge à prendre pendant que tes doigts récupèrent.
Et pour tout ce qui se travaille loin du mur pendant ce temps, lis s’entraîner pour l’escalade sans grimper.
Prends soin de toi.
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